Fin de vie

François Damas : “L’euthanasie est un dernier acte de soin”

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François Damas : “L’euthanasie est un dernier acte de soin”

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Auteur de La Mort choisie (Mardaga, 2020), François Damas est un grand témoin de l’euthanasie en Belgique. Ancien chef de service des soins intensifs et membre du comité d’éthique du centre hospitalier régional Citadelle à Liège, il tire aujourd’hui un bilan de l’expérience belge et s’inquiète du devenir de la France quant à la fin de vie.

 

Une partie de l’opinion française – et de la Convention citoyenne sur la fin de vie –, craint que la dépénalisation de l’euthanasie banalise l’acte de donner la mort. Qu’en pensez-vous ?

François Damas : Comme si n’importe qui pouvait demander une euthanasie, c’est absurde ! Notre loi de 2002 fixe des conditions précises. La demande doit émaner d’un malade dont la souffrance, physique ou psychique, est constante, insupportable et inapaisable. Cette souffrance doit être provoquée par une maladie grave, incurable et le plus souvent, il ne reste au patient que quelques semaines ou quelques mois à vivre. Par exemple, vous êtes atteint de la maladie de Charcot et vous ne voulez pas attendre la phase terminale et désirez choisir votre façon de mourir. Que dit le médecin belge ? C’est très simple : ma mission de docteur est de vous accompagner pour que votre fin de vie se passe le mieux possible. Jamais je ne vous abandonnerai. Nous allons vous apporter une écoute, de l’aide, des soins palliatifs. Et si, malgré tout cela, vous estimez que vous n’en pouvez plus et que vous voulez mettre un terme à vos souffrances, je serai là aussi pour vous aider à passer ce cap. Nous n’avons pas donné aux individus le choix de vivre ou mourir, nous avons accordé à des personnes gravement malades le pouvoir de choisir leur manière de mourir. Pour une fois, ce n’est pas un patient qui consent à une décision du docteur mais le médecin qui consent à une demande du malade et de personne d’autre. C’est un renversement de la relation médicale.

“Avec la loi belge, pour une fois, ce n’est pas le patient qui consent à une décision du docteur mais le médecin qui consent à une demande du malade. C’est un renversement de la relation médicale” François Damas
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“L’euthanasie, ce n’est pas l’échec du palliatif, c’est un complément”
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