Les philosophes face à la guerre

Frédéric Gros : “Même quand on fait la guerre, on la fait toujours pour la paix”

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Frédéric Gros en 2017

Frédéric Gros en 2017. © Constant Formé-Bècherat/Hans Lucas via AFP

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Face à la guerre menée par la Russie en Ukraine, il est plus que jamais indispensable de parvenir à comprendre à ce qui nous arrive, sur le plan politique, social, mais aussi existentiel, éthique et métaphysique. Nous avons demandé à plusieurs philosophes de nous livrer leurs réflexions.

Frédéric Gros, auteur, entre autres, d’États de violence. Essai sur la fin de la guerre (Gallimard, 2006), rappelle qu’il y a de nombreuses raisons qui conduisent les hommes à faire la guerre, mais, d’Hérodote à Raymond Aron, les philosophes conviennent que son but ultime est en réalité… la paix. Selon que l’on cherche à obtenir un compromis négocié ou une mise en déroute de l’adversaire, la guerre sera contenue ou « totale ». Quelle paix voulons-nous ? Et donc quelle guerre ?

 

« Raymond Aron avait fait graver sur son épée d’académicien la phrase de l’historien grec antique Hérodote : “Nul n’est assez dépourvu de raison pour préférer la guerre à la paix.” L’explication la plus courante de cette devise consiste à trouver à la guerre des racines passionnelles. On pense aussitôt à la triade du Léviathan de Thomas Hobbes, qui avait été repérée par Thucydide et qui sera répétée par Raymond Aron. Ce sont les trois grandes causes de guerre parmi les hommes : la peur, la cupidité, le prestige – mais on peut aussi se référer à l’énigmatique “pulsion de mort” freudienne. La guerre serait donc à verser du côté de la déraison humaine – on comprend, en résonance, les déclarations des uns et des autres sur “la folie de Poutine”.

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