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Gayatri Spivak : "Faire entendre sa voix par la peur n’est pas une solution durable"

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Une manifestation contre le putsch militaire à Mandalay (Birmanie), le 24 juin 2021. Photo anonyme circulant sur Facebook

Une manifestation contre le putsch militaire à Mandalay (Birmanie), le 24 juin 2021. Photo anonyme circulant sur Facebook. © Handout/Facebook/AFP

Sept mois après le coup d’État militaire qui a déposé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, la situation s’embrase en Birmanie. Le « gouvernement en exil » d’union nationale (NUG) vient de déclarer l’état d’urgence dans les zones qu’il contrôle, et appelle les civils à prendre les armes contre la junte actuellement au pouvoir, en formant des comités nommés « forces de défense du peuple ». S’il aboutissait, cet appel à la résistance constituerait une convergence inédite entre les différents groupes de guérilla ethnique implantés dans le pays depuis plusieurs années.

Sur fond de crise sanitaire et économique, le spectre de la guerre civile se fait donc chaque jour plus pressant... et ce dans l’indifférence générale, déplore Gayatri Spivak. Figure de proue des études post-coloniales, l’intellectuelle indienne connaît bien le pays en raison de son engagement de longue date contre le génocide des Rohingya, la minorité musulmane habitant l’ouest de la Birmanie, persécutée par la junte. « Quand il n’y a pas de réponse, la violence parait être la seule réponse, y compris la violence suicidaire extrême – la perte de la peur de la mort, ou même le désir de mourir », prévient-elle. Dans cet entretien, elle enjoint la communauté internationale à se mobiliser pour éviter une nouvelle flambée de violence. 

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