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Jean-Yves Dormagen : quand la polarisation fracasse les élections municipales

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Jean-Yves Dormagen : quand la polarisation fracasse les élections municipales

Jean-Yves Dormagen. © Corinne Rozotte/Divergence

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Selon le politologue Jean-Yves Dormagen, les électeurs ont rarement été aussi clivés avant des élections municipales. Les politiques des mairies, naguère associées à la gestion des affaires locales ou à tendance « sans étiquette », sont de plus en plus perçues comme idéologisées. Le chercheur, aussi président du laboratoire d’études de l’opinion Cluster17, nous éclaire. 


 

Les élections municipales risquent-elles de sanctionner encore la majorité présidentielle ?

Jean-Yves Dormagen : Il n’existe plus vraiment de « majorité gouvernante » bien identifiable. Jusqu’aux élections de 2014, nous étions dans un univers politique encore bipolaire avec un clivage gauche-droite très structurant. Les municipales étaient alors perçues comme des élections intermédiaires qui sanctionnaient systématiquement le gouvernement en place. Cependant, en 2020, le pouvoir macroniste ne gouvernait encore aucune ville ; il n’a ainsi pas pu être sanctionné, même si le fait qu’il n’ait remporté pratiquement aucune grande ville est en soi significatif. C’est au contraire l’écologie politique qui atteint alors son moment de force maximale, après l’accord de Paris, les marches pour le climat et les élections européennes de 2019. Aujourd’hui, le macronisme, outre le fait qu’il ne gouverne plus vraiment, reste faible au niveau municipal.

Ce qui se dessine, c’est que le Rassemblement national (RN) reste surtout fort dans les petites communes et les villes moyennes : en conséquence, il pourrait être partiellement invisibilisé dans ces élections, dans la mesure où l’attention médiatique se focalise en général sur les grandes villes où ce parti fait en moyenne 20 points de moins qu’ailleurs. Le RN a tout de même de grandes chances d’être largement réélu, peut-être même dès le premier tour, dans les villes moyennes qu’il gouverne, comme Perpignan ou, dans une certaine mesure, Béziers, même si le maire n’y est pas labellisé RN. Mais ce parti espère certainement quelques grandes victoires symboliques, comme Toulon ou Nice. Si Marseille votait majoritairement pour le RN, ce serait une prise triomphale. C’est un scénario possible mais ce n’est pas le plus probable.

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