Analyse

Julien Coupat décrypté

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Cet article est issu du numéro 31 de Philosophie magazine « 31 - été 2009 », en kiosque le 02 juillet 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Libéré le 28  mai après six mois de détention préventive, suspecté, sans preuves selon ses défenseurs, d’actions subversives et terroristes, Julien Coupat est devenu le visage de ce que l’on a appelé « l’ultra-gauche ». Mais, derrière l’affaire juridico-politique, quelle est la démarche théorique de ce militant, imprégné de situationnisme et se référant à Michel Foucault, Giorgio Agamben ou Carl Schmitt ?

Accusé par la justice française d’« entreprise à visée terroriste » à la suite du sabotage du TGV-Nord en novembre dernier, Julien Coupat est un personnage aux multiples facettes. Il est à la fois fils de bonne famille, diplômé de l’Essec, chef de file d’une communauté en Corrèze, activiste, polyglotte et intellectuel d’une vaste culture. Son mémoire de DEA sur le situationnisme fut cité par Luc Boltanski et Ève Chiapello dans L’Esprit du capitalisme. La revue Tiqqun, qu’il anima de 1999 à 2001, doit son nom à une notion talmudique signifiant « réparation ». Alors, philosophe brillant ou apprenti saboteur ? Une chose est sûre : si l’affaire politico-judiciaire dont Julien Coupat est le personnage principal a suscité un tel intérêt, c’est bien parce qu’on y trouve, trois décennies après l’adieu aux armes du gauchisme maoïste, la conjonction d’une démarche théorique et d’un engagement politique n’hésitant à s’affranchir de la loi. « De mémoire française, il ne s’était pas vu depuis bien longtemps que le pouvoir prenne peur à cause d’un livre (1), remarque le principal intéressé dans le long entretien publié par le journal Le Monde le 25 mai dernier, trois jours avant sa libération. On avait plutôt tendance à considérer que tant que les gauchistes étaient occupés à écrire, au moins, ils ne faisaient pas la révolution. » Il est plutôt difficile de ne pas lui donner raison sur ce point.

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