Kant. Le cosmopolite immobile

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Cet article est issu du numéro 3 de Philosophie magazine « 3 - août/sept. 2006 », en kiosque le 27 juillet 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Terminons ce dossier par le portrait d’Emmanuel Kant, le plus sédentaire des philosophes. Car on peut aussi s’orienter dans la pensée sans parcourir le monde.

Passeport

Nom : Kant

Prénom : Emmanuel

Né le 22 avril 1724 et décédé le 12 février 1804 à Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad en Russie)

Œuvres principales : Critique de la raison pure, Critique de la raison pratique, Critique de la faculté de juger

Signe particulier : n’a jamais modifié l’heure et l’itinéraire de sa promenade quotidienne, sauf deux fois, après avoir découvert Rousseau et la Révolution française

Raison de partir : néant

 

Au regard du nomade d’aujourd’hui, pour qui « bouger » fait figure d’impératif catégorique, Emmanuel Kant n’a rien compris. Tandis que Diderot, Voltaire, Rousseau, Hume ou Montesquieu caracolent de Venise à Saint-Pétersbourg, Kant ne s’est guère éloigné de sa ville de Königsberg, capitale de la Prusse-Orientale. Annexée par les Soviétiques, territoire russe enclavé entre la Pologne et la Lituanie, la cité s’appelle désormais Kaliningrad, hommage au seul dirigeant bolchevik issu de la classe paysanne. L’auteur de la Critique de la raison pure y est né, y est mort et enterré. Invité à enseigner dans les plus prestigieuses universités d’Europe, il a refusé de quitter sa patrie. Sa plus longue expédition l’a mené à une quarantaine de kilomètres de chez lui. Même Riga, l’actuelle capitale de la Lettonie et centre intellectuel le plus proche, n’a pas eu l’honneur de recevoir sa visite. 

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