Kant, témoin des Lumières
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Cet article est issu du numéro 77 de Philosophie magazine « 77 - Mars 2014 », en kiosque le 20 février 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Emmanuel Kant est né le 22 avril 1724 à Königsberg, ville portuaire de la mer Baltique, alors capitale de la Prusse orientale (aujourd’hui Kaliningrad en Russie). Issu de la modeste bourgeoisie – son père est sellier –, il commence ses études à l’université de sa ville natale en 1740. Précepteur dans quelques familles nobles de 1747 à 1755, il devient ensuite privat-docent (enseignant rémunéré par ses étudiants) à l’université, puis professeur en 1770, assurant des cours dans de multiples disciplines (de la logique à la métaphysique, en passant par le droit, la géographie ou encore la pédagogie). Célibataire endurci, Kant mène à Königsberg une vie tout intellectuelle, extrêmement ritualisée : lever quotidien à 5 heures, unique déjeuner de la journée à 13 heures, suivi d’une promenade au trajet inchangé… En 1781 paraît la Critique de la raison pure. Ce véritable monument philosophique, qui établit les conditions de possibilité de la connaissance, passe inaperçu, au point que son éditeur pense le mettre au pilon… La donne va changer pour le philosophe, qui accède à la célébrité avec la seconde édition de son premier chef-d’œuvre (1787), puis avec la publication de la Critique de la raison pratique (1788) et de la Critique de la faculté de juger (1790), respectivement consacrées à la morale et à l’esthétique. L’heure de la retraite sonne pour lui en 1796. Obsédé son existence durant par la santé de son corps, se fixant des règles « diététiques » pour éviter les maladies (ne pas respirer par la bouche pour prévenir la toux, par exemple), il finit par décliner physiquement et meurt le 12 février 1804, à 79 ans. Ses derniers mots ? « Es ist gut », « c’est bien »… Témoin et acteur des Lumières, il a révolutionné la philosophie avec une œuvre qui entend répondre à trois questions : « que puis-je savoir ? », « que dois-je faire ? » et « que m’est-il permis d’espérer ? » – trois questions qui, pour lui, se résumaient à une seule : « qu’est-ce que l’homme ? ».