La galaxie KANT

Sous les lumières de Kant

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Cet article est issu du numéro 130 de Philosophie magazine « Plaire, émouvoir, convaincre. L’art de l’éloquence », en kiosque le 29 mai 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Plus que les Français Voltaire, Rousseau ou Diderot, il est peut-être LE philosophe des Lumières. Avec lui, la philosophie se pense et se pratique à hauteur d’homme. Ce qui ne la rend pas moins complexe…

Ceux qu’il a lus

René Descartes (1596-1650)

Kant se montre critique à l’égard du cogito cartésien (« Je pense, donc je suis ») : certes, Descartes a le mérite d’isoler le « je pense » comme une condition de l’expérience, mais il commet l’erreur métaphysique d’en faire une chose. Même erreur de raisonnement quant à l’existence de Dieu : il tire du concept de Dieu son existence, ce qui revient à formuler une tautologie. Cela n’empêche pas de rendre hommage à son aîné en reconnaissant qu’il a « mérité la considération de la part des juges équitables de ce temps ». 

Isaac Newton (1643-1727)

On le sait peu, mais Kant est aussi l’auteur d’articles scientifiques dans lesquels la physique newtonienne tient une place importante : « Enquête sur un éventuel changement dans l’axe de rotation de la Terre » ou « Histoire universelle de la nature et théorie du ciel ». Il y formule des hypothèses quant au ralentissement de la rotation de la Terre qui se sont avérées exactes. Dans ses Premiers Principes métaphysiques d’une science de la nature, il affirme, dans les pas de Newton : « La science de la nature est de part en part une théorie du mouvement, soit pure, soit appliquée. ».

David Hume (1711-1776)

Kant le reconnaît volontiers : c’est l’empirisme de Hume qui l’a réveillé de son « sommeil dogmatique ». Après avoir lu l’Essai sur l’entendement humain, Kant se lance dans la Critique de la raison pure, descente en règle de la métaphysique. « Depuis les tentatives de Locke et de Leibniz ou plus exactement depuis la naissance de la métaphysique – aussi loin que nous connaissons son histoire –, il n’y a eu aucun événement qui aurait pu être plus décisif concernant le destin de cette science que l’attaque de David Hume contre celle-ci », affirme Kant.

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