L’aventure d’un classique

Kierkegaard, journal d’un influenceur

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Cet article est issu du numéro 171 de Philosophie magazine « La chance, est-ce que ça existe ? », en kiosque le 06 juillet 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Kierkegaard est l’auteur d’une œuvre à la croisée de la philosophie et de la littérature dont l’originalité continue de susciter la fascination. Tour d’horizon de sa galaxie.

Ceux dont il s’est inspiré

Luther (1483-1546)

Kierkegaard est né dans une famille protestante luthérienne, dont il perçoit très tôt les principes parfois hypocrites et l’affadissement –  notamment dans le principe de justice passive, ou forensique, qui justifie d’emblée l’être humain. Il envisage son œuvre comme un vaste correctif du luthérianisme, notamment à partir de 1847 et d’ouvrages comme les Discours édifiants à divers points de vue et Les Œuvres de l’amour, sous titrées « Quelques délibérations chrétiennes sous forme de discours ». Il se moque des pasteurs qu’il qualifie de « prêtres fanatiques qui discourent avec ferveur sans s’apercevoir que toute leur religiosité n’est qu’une circulation sanguine à haute puissance ». En réalité, leurs prêches ne sont que des « ravissements esthétiques hebdomadaires ».

Hegel (1770-1831)

Avec son quasi-contemporain, c’est une relation d’amour-haine. Après sa rupture avec Régine Olsen, il se rend à Berlin pour se faire oublier et suivre le mouvement des anti-hégéliens. Même s’il lui doit une certaine conception de l’histoire et du devenir des individus, il ne peut pas s’empêcher de le railler, notamment dans Le Concept de l’angoisse : « Hegel, malgré tous ses dons éminents et son érudition colossale, ne laisse pas, en voulant à tout prix tout nous expliquer, de nous rappeler sans cesse dans son œuvre qu’il est n’était au fond au sens allemand qu’un professeur de philosophie quoiqu’à une échelle supérieure. »

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