Généalogie
La paresse
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Cet article est issu du numéro 46 de Philosophie magazine « 46 - février 2011 », en kiosque le 27 janvier 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le récent relèvement de l’âge du départ à la retraite l’a prouvé : le travail est toujours plus valorisé, comme s’il n’existait plus d’argument à opposer à son empire. Il y a pourtant de nombreuses façons de revendiquer le droit à ne (presque) rien faire.
« À la sueur de ton front ! »
La Bible
La Bible milite pour l’effort, pour la peine et le travail. Dieu, qui s’est toutefois reposé au septième jour, déclare ainsi à Adam : « Tu te nourriras à la sueur de ton front ! » Saint Paul renforcera d’ailleurs ce trait : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. » Ainsi, pour l’apôtre, le travail nous offre un moyen de subsistance, en même temps qu’il nous distrait des « futilités » de l’oisiveté.
Vers la divine indolence
Épicure (IVe siècle av. J.-C.)
Selon Épicure, pour vivre heureux, il convient de se retirer hors de la société. Dans le Jardin épicurien, le philosophe ne se livrera qu’aux « plaisirs catastématiques » (stables) – par opposition au cercle vicieux dans lequel nous entraînent les « plaisirs cinétiques » (en mouvement). Dernière image du repos, celle de dieux indolents retirés dans les intermondes, « pleins d’une paix sereine, menant vie tranquille et calme éternité » (Lucrèce).