La post-démocratie
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Cet article est issu du numéro 69 de Philosophie magazine « 69 - mai 2013 », en kiosque le 24 avril 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le succès de Beppe Grillo en Italie est révélateur : notre système politique est en crise. D’où la nécessité de lui concevoir un au-delà ?
Vingt ans que ça dure ! Que la démocratie, dont Fukuyama célébrait en 1992 le règne universel après la chute du mur de Berlin, flageole sur ses bases, du moins dans l’ex-« monde libre ». Crise de la représentation, de la participation, de la citoyenneté, de la souveraineté, gouvernements dominés par les marchés, règne de la communication, fin de l’État providence, élargissement de la fracture entre riches et pauvres, élites et peuple : toutes ces défaillances démocratiques traduisent ce sentiment partagé qu’il y a quelque chose de frelaté au royaume de la démocratie et qu’à défaut d’en diagnostiquer la mort, nous sommes du moins entrés dans une ère nouvelle, incertaine et contradictoire, en un mot : « post-démocratique ».