Proche-Orient / Coalition

La Syrie est-elle la Serbie de 1914 ?

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Cet article est issu du numéro 94 de Philosophie magazine « La nature a-t-elle toujours raison ? », en kiosque le 22 octobre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’entrée de la Turquie, puis de la Russie dans le conflit syrien bouleverse les rapports géopolitiques. Analyse dans les pas de Christopher Clark, auteur du best-seller "Les Somnambules" sur la marche aveugle qui a mené les nations à la Première Guerre mondiale.

« Il y a des risques de confrontation mondiale », affirmait au début du mois d’octobre le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Il faut « une coalition au sens “Guerre mondiale” », soutient un ancien locataire du quai d’Orsay Hubert Védrine. « La troisième guerre mondiale a peut-être commencé », écrit le journaliste Vincent Jaubert dans L’Obs. Avec l’entrée en scène de la Russie aux côtés de Bachar el-Assad, précédée cet été de celle de la Turquie, pays frontalier membre de l’Otan, la guerre en Syrie prend une nouvelle dimension. Guerre civile devenue guerre régionale, puis guerre religieuse (opposant les sunnites emmenés par l’Arabie Saoudite et les chiites emmenés par l’Iran), elle est en train de devenir un affrontement entre grandes puissances, ajoutant leur rivalité à celles qui opposent sur le terrain le régime de Bachar el-Assad, l’État islamique, le Front al-Nosra, les Kurdes de Syrie et tous les groupes de rebelles soutenus par la coalition internationale. D’où le spectre d’une « troisième guerre mondiale » dont la logique emprunterait d’ailleurs davantage à la Première qu’à la Seconde.

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