Exposition
L’art déréglé
Jean Fautrier, Tête d’otage n° 20, 1944, huile sur papier marou é sur toile, 33 x 24 cm, collection particulière, Cologne © Adagp, Paris, 2017.
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Cet article est issu du numéro 117 de Philosophie magazine « 117 - mars 2018 », en kiosque le 15 février 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Une exposition sort de l’ombre Jean Fautrier, l’un des représentants de l’art informel, aux côtés de Jean Dubuffet. Il entend s’émanciper des règles et des techniques. Est-ce seulement possible ?
« On ne fait jamais que réinventer ce qui est, restituer en nuances d’émotion la réalité qui s’est incorporée à la matière, à la forme, à la couleur », croyait Jean Fautrier (1898-1964). Comme Dubuffet, l’histoire de l’art l’a rangé parmi les représentants de l’art dit « informel », qui n’est pas l’art abstrait. Sans considération pour la technique, il s’émancipe des règles. Il prend ses distances avec la « peinture de chevalet », car « on ne peut plus s’exprimer avec une figuration » après la photographie, mais sans se plonger pour autant dans l’abstraction, car il ne se détourne pas du réel.