France/Politique

Le faux dilemme du carburant

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Cet article est issu du numéro 125 de Philosophie magazine « Et vous, comment faites-vous la fête ? », en kiosque le 28 novembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

N’exagère-t-on pas exprès la difficulté des problèmes qu’on ne souhaite pas résoudre ? Telle est la question que pose, sous des dehors de bonne conscience écologique, la fermeté du gouvernement sur la hausse des prix du carburant.

En apparence, c’est un casse-tête insoluble. Le 8 octobre, un nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) annonçait que la France connaîtrait, d’ici 2100, sécheresses agricoles continues, incendies et pluies extrêmes, phénomènes qui prendraient des formes paroxystiques si le réchauffement de la planète n’était pas d’urgence endigué. Vingt jours plus tard, le Rapport Planète vivante du World Wide Fund for Nature (WWF) était publié en forme d’effrayant faire-part de décès : 60 % des animaux sauvages ont disparu au cours des quarante dernières années. Et pour quoi l’opinion française se mobilise-t-elle ? Contre les hausses de 6,5 centimes du litre de diesel et de 2,9 centimes du litre d’essence au 1er janvier 2019. Au centre de toutes les colères, la fin de la prime donnée au diesel, carburant très polluant mais qui a été largement choisi par tous ceux qui ont un besoin quotidien de leur voiture, car il était moins cher. Entre bobos verts et gilets jaunes, qui a raison ? qui a tort ?

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