“Le Neveu de Rameau” remonte sur les planches

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“Le Neveu de Rameau” remonte sur les planches

Nicolas Vaude © DR

Déterminisme ou liberté? C’est à cette alternative philosophique que confronte la reprise au théâtre du “Neveu de Rameau”. Un spectacle enlevé, à voir au Lucernaire, à Paris, jusqu’au 3 janvier 2016.

« Mes pensées sont mes catins. » Ôde à la pensée libre de sauter et de gambader, l’œuvre de Diderot trouve dans Le Neveau de Rameau un exemple brillant. « Ce dialogue éclate comme une bombe au beau milieu de la littérature française », dira Goethe. Diderot y expose l’essentiel de sa pensée, au service de la liberté en dépit des déterminismes et du fatalisme ; où il expose cette question essentielle : est-il vrai qu'« à quoi que ce soit que l'homme s'applique, la nature l'y destinait »? Jouets de la providence, sommes-nous condamnés à la pantomine ou, acteurs de notre propre rôle, avons-nous la liberté de diriger le cours de notre existence ?

Un acteur, le malicieux Nicolas Vaude en est un, et bon. Gabriel Le Doze, alias Diderot, un peu rigide, donne la réplique à ce farceur et pitre de neveu. Fainéant, se laissant porter par la vie, immoral extravagant et cynique, il incarne le contrepoint du philosophe ; mais aucun d’eux ne représente une vérité. Diderot donne à chacun des interlocuteurs des objections redoutables. Les idées fusent n’allant que dans un sens : démasquer les mécanismes à l’œuvre sous les décisions que nous croyons souveraines.

Le claveciniste Olivier Baumont accompagne la fantaisie des deux acteurs, créant des interludes musicaux sur des partitions de Rameau. Portés par ces trois complices, ce Neveu de Rameau excite l’esprit en nous exposant des « catins » bien aguicheuses. Où l’on retire cet enseignement, résumé par Raphaël Enthoven : « La liberté n’est pas de faire ce qu’on veut, mais de savoir ce qui nous détermine. »
 

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