L’élargissement moral
© Sonia Roy / Colagene pour PM
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Cet article est issu du numéro 71 de Philosophie magazine « 71 - été 2013 », en kiosque le 04 juillet 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Deux chercheurs américains proposent de se servir des biotechnologies pour augmenter l’altruisme et le sens de la justice des humains. Faut-il s’en effrayer ?
Jusque-là, tout allait bien. La planète n’était pas surpeuplée, les humains y vivaient en petites communautés homogènes et soudées, contrôlaient des techniques simples pour produire, se déplacer, travailler, gérer leurs relations avec leurs voisins. Leurs capacités morales suffisaient à rendre le monde vivable.
Mais tout a changé en un siècle. La population humaine a été multipliée par mille, les sciences et les technologies ont transformé les conditions de vie. Les grands problèmes moraux ne se posent plus à l’échelle du village, ni même de l’État, mais de la planète tout entière. Chaque action posée (ou omise) ici et maintenant entraîne des conséquences lointaines, sur des lieux ou des hommes qui nous sont étrangers, ou sur le futur lointain.
Le livre
Unfit for the Future, d’Ingmar Persson et Julian Savulescu (Oxford University Press, 2012). Les problèmes urgents se posent à l’échelle de la planète. Or, nos capacités morales sont inadaptées. Il faut donc un « élargissement moral » de l’homme, rendu possible par les biotechnologies.