Décryptage

Les erreurs des instituts de sondage prouvent-elles notre liberté ?

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Les erreurs des instituts de sondage prouvent-elles notre liberté ?

Affiches des candidats à l’élection présidentielle 2022. ©Virginie Seiller / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

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Au lendemain du premier tour, des voix se sont élevées pour pointer la déroute des instituts de sondage concernant les estimations de vote pour certains candidats, notamment Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour. À bien y regarder, beaucoup d’électeurs semblent être restés longtemps indécis et s’être décidés comme sur un coup de tête. Un geste qui permet de revenir à une querelle philosophique concernant le principe de raison suffisante. Explications avec Leibniz et Musil.

 

C’est un fait : beaucoup d’électeurs de gauche se sont décidés au dernier moment. Des personnes qui envisageaient de voter pour Fabien Roussel (PCF), Anne Hidalgo (PS) ou Yannick Jadot (EELV) ont choisi in extremis de donner leur voix à Jean-Luc Mélenchon. Résultat : le candidat de la France insoumise a réalisé un score au-dessus, selon les instituts de sondage, de parfois 6 ou 7 points de ce qui avait été estimé.

Ce scénario était possible (le 8 avril, la société BVA jugeait qu’en vertu du nombre d’indécis à gauche, le score du candidat insoumis pouvait aller de 14,5 à… 22 %), mais relativement improbable. Qui peut prévoir un geste libre comme celui du changement de décision au dernier moment ?

Changement de dernière minute

C’est que, dans le domaine des affaires humaines, rien ne se passe jamais exactement comme prévu. L’auteur de ces lignes a reçu pas moins de quatre SMS de ce type : « Bon ben, tu vas rire, et j’en reviens pas moi-même, mais j’ai voté Mélenchon. » Les personnes qui les ont écrites, si elles savent formuler en dernière instance pourquoi elles ont agi ainsi, restent étonnées d’elles-mêmes, comme si quelque chose de plus fort s’était joué là.

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