Terrorisme / Moyen-Orient
L’imaginaire politique de la décapitation, hier et aujourd’hui
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 84 de Philosophie magazine « 84 - novembre 2014 », en kiosque le 23 octobre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Par-delà l’horreur qu’elle provoque, que signifie la mise en scène par l’État islamique des décapitations qu’il commet ? Le travail de l’historien Daniel Arasse ouvre des pistes d’interprétation.
« La guillotine n’est pas neutre et ne nous permet pas de rester neutre, écrit Victor Hugo dans Les Misérables. Qui l’aperçoit frissonne du plus mystérieux des frissons. Toutes les questions sociales dressent autour de ce couperet leur point d’interrogation. » On pourrait en dire autant du spectacle des cinq décapitations successives perpétrées par l’État islamique (EI) ou en son nom : outre les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff (exécutés les 19 août et 2 septembre), les humanitaires britanniques David Haines (le 13 septembre) et Alan Henning (le 4 octobre), le guide de haute montagne français Hervé Gourdel a été assassiné de cette manière, le 24 septembre, dans le sud de l’Algérie, par un groupe de djihadistes. Que penser du procédé utilisé, mis à part qu’il est odieux et archaïque ? Et pourquoi une telle volonté de diffuser des images de la part des assassins ?