Édito
L’ouverture vers l’intérieur
© Charles Berberian
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 131 de Philosophie magazine « Quand est-on soi-même ? », en kiosque le 04 juillet 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Quand exprime-t-on son être profond, quand se trouve-t-on réellement en adéquation avec soi-même ? Les philosophes du passé ont défendu toutes les réponses envisageables à cette question, toutes à l’exception d’une seule – la principale, peut-être.
En effet, il s’est trouvé d’éminents penseurs pour soutenir qu’on est soi-même lorsqu’on fait l’effort de méditer en écartant les opinions reçues (Descartes), quand on s’enferme dans une chambre pour songer aux misères de la condition humaine (Pascal), quand on marche seul dans la campagne (Rousseau), quand on a suffisamment confiance en soi pour dire avec des paroles fortes ce qu’on a sur le cœur (Emerson), quand on désobéit (Thoreau), quand on surmonte ses propres déchirements (Hegel), quand on déploie sa puissance d’agir et sa volonté (Nietzsche), quand on traverse l’épreuve de l’angoisse (Kierkegaard), quand on rêve endormi (Freud), quand on rêve éveillé (Bachelard), quand on regarde la mort en face (Heidegger), quand on s’engage dans une relation éthique avec l’autre (Buber), quand on se donne un projet existentiel (Sartre), quand on pratique des exercices du corps et de l’esprit (Foucault)… Mais personne, à ma connaissance, n’a osé soutenir que l’authenticité s’atteignait par le plaisir.