Manfred Fischer. L’homme qui a sauvé le Mur
© Oliver Mark
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Cet article est issu du numéro 63 de Philosophie magazine « 63 - octobre 2012 », en kiosque le 28 septembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Cela fait trente-sept ans que ce pasteur vit à l’ombre du mur de Berlin. Il a obtenu de haute lutte que quelques centaines de mètres de ce vestige de la guerre froide soient conservés près de son église, après la disparition de la RDA.
De la fenêtre du bureau de son presbytère, Manfred Fischer a sous les yeux un morceau d’histoire allemande : béton gris, 3,60 m de hauteur. Si le mur, qui de 1961 à 1989 divisa la ville en Berlin-Ouest et Berlin-Est, se trouve encore le long de la Bernauer Strasse, c’est grâce à cet homme énergique.
Dates clés
- 1948 Naissance
- 12 août 1961 En une nuit, l’Allemagne de l’Est érige le mur de Berlin
- 1975 Il est ordonné pasteur et prend en charge le ministère de la paroisse de la Réconciliation
- 1985 La chapelle est détruite par les autorités est-allemandes
- 1989 Le Mur s’effondre
- 1999 La chapelle reconstruite selon ses vœux est inaugurée
Les raisons de son action sont multiples. En 1969, Manfred Fischer quitte Francfort pour Berlin-Ouest ; en 1975, il y reçoit à sa demande le ministère de la paroisse de la Réconciliation, où il est toujours en activité. Le mur traversait la paroisse ; l’église qui lui donnait son nom – la chapelle de la Réconciliation – se trouvait à l’Est, de l’autre côté de ce que l’on appelait alors le « couloir de la mort » : quiconque s’aventurait dans le no man’s land était abattu. « Étant un pasteur sans église, j’organisais les offices, ici, au presbytère – qui est aujourd’hui devenu un centre de documentation. » Son appartement était situé – Manfred Fischer montre le plafond – au premier étage. Sa salle de séjour donnait directement sur le mirador d’où les gardes-frontière surveillaient les environs à la jumelle, lui y compris. Non, il n’a jamais été témoin d’une évasion. « Mais la possibilité qu’un coup de feu parte existait en permanence. »