France / Justice

Marine Le Pen face à l’ordre public démocratique

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Marine Le Pen face à l’ordre public démocratique

Marine Le Pen et sa co-accusée, la députée européenne Catherine Griset, quittent la salle d'audience du Tribunal de Paris pendant la lecture du verdict de leur procès pour détournement de fonds publics européens, à Paris, le 31 mars 2025. © Alain Jocard/AFP

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Cet article est issu du numéro 189 de Philosophie magazine « Peut-on réparer ses erreurs ? », en kiosque le 24 avril 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le verdict du procès de l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national au Parlement européen a été rendu au nom de l’ordre public démocratique. En convoquant ce concept inédit, les juges ont-ils outrepassé leur pouvoir ?

 

En condamnant Marine Le Pen  à quatre ans de prison – dont deux ferme – et cinq ans d’inéligibilité assortie d’une « exécution immédiate », la décision du tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN) a suscité un vaste débat. Les juges ne portent-ils pas atteinte à la souveraineté du peuple ? Leur argumentation est double. Compte tenu du fait que Le Pen s’est drapée dans un sentiment d’impunité et n’a admis aucune violation de la loi (4 millions d’euros détournés sur plus de dix ans de manière planifiée), les magistrats ont d’abord considéré qu’il y avait un risque réel de récidive. Sa défense a procédé, soulignent-ils, d’une « conception narrative de la vérité » qui foule aux pieds et les faits et la loi. 

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