Les philosophes face à la guerre
Mark Alizart : “La guerre en Ukraine a la fatalité d’une tragédie grecque”
Mark Alizart. © Astrid Di Crollalanza/opale.photo
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Face à la guerre menée par la Russie sur le sol européen, il est plus que jamais indispensable de parvenir à comprendre à ce qui nous arrive, sur le plan politique, social, mais aussi existentiel, éthique et métaphysique. Nous avons demandé à plusieurs philosophes de nous livrer leurs réflexions.
Aujourd’hui, le philosophe Mark Alizart, que l’on connaît pour ses écrits sur les cryptomonnaies, les chiens ou, plus récemment, Le Coup d’État climatique (PUF, 2020). Il estime que la guerre en Ukraine est comme un point nodal des enjeux les plus brûlants de l’époque. « Le supplice de l’Ukraine a eu lieu au point de rendez-vous exact de ces six cavaliers de l’apocalypse : ressources naturelles, nourriture, production industrielle, production de services, pollution et déplacements démographiques. »
Mark Alizart : “Si l’histoire est un guide, le conflit ne fait que commencer”
Hegel disait de la guerre qu’elle relève de la vacuité, car elle est le règne débridé de l’absurde et du néant, et du destin, car à travers elle des « principes nouveaux » sont posés dans l’histoire.
La guerre russe en Ukraine est tout cela à la fois : elle est le fait accompli, le caprice, presque, d’un dictateur sanguinaire qui aurait aussi bien pu faire entrer pacifiquement la Russie et l’Ukraine dans l’Union européenne quand l’occasion lui en avait été offerte – de sorte que l’émotion qu’elle a suscitée a été d’autant plus vive qu’elle semblait parfaitement inutile et anachronique ; et elle a quelque chose de la fatalité d’une tragédie grecque.