Matière à penser / février 2017
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Cet article est issu du numéro 106 de Philosophie magazine « De quoi la gauche est-elle malade ? », en kiosque le 19 janvier 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’image
La thérapie par le faux
Un faux village modèle de 24 bâtiments construit pour évoquer les années 1950, soit l’époque où la plupart des patients atteints de la maladie d’Alzheimer et de démence sénile étaient des adolescents ou de jeunes adultes. C’est le projet du George-G.-Glenner Alzheimer’s Family Care Center de San Diego, en Californie. Pour cela, son directeur, Scott Tarde, a fait appel aux spécialistes des décors de l’opéra de la ville pour donner vie dans les moindres détails à cette fausse ville. Elle doit comprendre une mairie, une bibliothèque, un restaurant, un hôpital et un cinéma. Le projet relève de la « thérapie de réminiscence », qui tente de réveiller les souvenirs les plus vifs, ceux de l’enfance, des personnes souffrant de troubles de la mémoire. Cela passe normalement par le fait de montrer des photos ou de leur faire écouter de la musique de leur jeunesse. La nouveauté, ici, c’est l’immersion totale dans un passé reconstruit. L’« hyperréalité du faux absolu », dont Umberto Eco constatait la progression dans les parcs d’attractions américains, bascule ainsi du domaine du tourisme à celui de la santé.