Meurtre de Thomas à Crépol
Minutes de silence à l’Assemblée : quand se taire est aussi politique
Assemblée nationale, Paris, le 26 novembre 2023. Les députés observent une minute de silence en hommage à Thomas, un adolescent décédé le 19 novembre 2023 après avoir été blessé au couteau lors d’un bal à Crépol, dans la Drôme (26). © Ludovic Marin/AFP
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La minute de silence surgit au sein de la vie politique comme une petite bizarrerie. Pendant soixante secondes, les élus cessent le brouhaha des affaires quotidiennes et se taisent. Analyse d’un rituel silencieux – et éloquent.
Mardi 28 novembre à l’Assemblée nationale, les élus se sont tus. Pendant trente secondes, ils ont rendu hommage au jeune Thomas, 16 ans, assassiné à Crépol (Drôme) à l’occasion d’un « bal d’hiver ».
Cette minute de silence était d’abord une minute de décence. En interrompant le cours de la journée politique et en bouleversant l’agenda initialement prévu, les députés témoignent de leur respect et de leur affliction pour la perte d’une vie. L’absence de paroles permet ici de rendre un hommage mémoriel pur, a priori délesté de toute considération partisane, et donc de toute récupération politique. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé la ministre Élisabeth Borne, déclarant que « nous avons un devoir d’unité, un devoir de dignité, sans pour autant minimiser les faits […], sans récupération politique, sans attiser les haines ». Le silence pacifie et donne à entendre une forme d’harmonie et de consensus. Quand la politique se passe de mots, elle cesse naturellement le débat et l’invective.