États-Unis
Peine de mort : pourquoi l’abolitionnisme américain est différent du nôtre
La civière de la salle d’exécution du Greensville Correctional Center à Jarratt (Virginie, États-Unis), le 24 mars 2021. Cent-deux exécutions s’y sont tenues depuis le début des années 1990. © Steve Helber/AP/SIPA
Quand Robert Badinter propose à l’Assemblée nationale, il y a quarante ans, d’abolir la peine de mort, la France est la dernière démocratie occidentale avec les États-Unis à pratiquer ce châtiment. Elle compte alors six condamnés exécutés en une décennie, soit deux de plus qu’outre-Atlantique. Signe que les deux pays sont alors relativement « en phase » sur le sujet.
Depuis, la « patrie des droits de l’homme » est devenue l’une des championnes mondiales de la lutte contre la peine de mort. Tandis que côté américain, la perspective de l’abolition reste lointaine... Mais le droit n’est pas le seul élément à avoir divergé entre les deux pays : le type de discours abolitionniste aussi. Quand les opposants continentaux à la peine de mort insistent sur la dignité humaine, ceux qui luttent aux États-Unis emploient davantage des arguments utilitaires. Explications.