Extrême droite aux États-Unis
“On peut agir sous l’influence d’un trouble mental, et par ailleurs s’en servir comme d’un bouclier d’innocence”
Kanye West (à g.). © Polaris/SIPA ; Elon Musk. © CNP/AdMedia/SIPA
Cet article est réservé aux abonnés.
Quand une personnalité publique tient des propos scandaleux, comme Elon Musk ou Kanye West, on invoque parfois ses troubles mentaux, s’ils ont été reconnus, pour expliquer et neutraliser des écarts a priori inacceptables. Mais en les réduisant à leur pathologie, ne risque-t-on pas d’absoudre leur responsabilité tout en stigmatisant ceux qui partagent ces troubles ?
Lors d’une prise de parole sur le plateau de l’émission américaine Saturday Night Live en 2021, Elon Musk a déclaré être diagnostiqué atteint du syndrome d’Asperger. Son tristement célèbre « salut nazi » est un geste qui a, depuis, été interprété en partie comme un symptôme de son trouble. On a aussi vu un lien (un peu moins tiré par les cheveux, cette fois) entre la récente déclaration « Je suis nazi » du rappeur Kanye West sur Twitter et le fait, de notoriété publique, qu’il soit atteint de troubles bipolaires.
➤ À lire aussi : Elon Musk et le salut nazi : l’analyse de la sémiologue Élodie Mielczareck
Il semble bien que le rappeur n’aurait pu s’exprimer devant autant de gens et avec si peu de réserve sans passer par une phase maniaque : épisode du trouble bipolaire dans lequel l’individu perd son inhibition, sa capacité à se retenir de dire ou de faire ce qui lui passe par la tête, par gêne, timidité, peur de blesser, souci des conséquences, etc. Il serait donc absurde de traiter ces propos comme ceux d’une personne pleinement maîtresse de soi.