La notion

“Postrationalisme”

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“Postrationalisme”

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Cet article est issu du numéro 171 de Philosophie magazine « La chance, est-ce que ça existe ? », en kiosque le 06 juillet 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Un groupe d’écrivains, de penseurs, de lecteurs et de trolls sur Internet qui ont été rationalistes […] mais qui ont perdu leurs illusions » : c’est en ces termes que la journaliste, romancière et essayiste Tara Isabella Burton définit, dans un récent article paru dans la revue The New Atlantis, le mouvement « postrationaliste ». « Pour eux, explique-t-elle, l’accent technocratique mis par la culture de la rationalité sur l’amélioration de la condition humaine par le biais d’objectifs hyper-utilitaires […] s’est fait au détriment de la prise au sérieux des éléments moins quantifiables d’une vie humaine » épanouie. Le mouvement a ses hérauts, ses égéries, comme les écrivains Venkatesh Rao, Sarah Perry, David Chapman, etc. Il s’est développé en partie en réaction contre la structuration parallèle d’un mouvement ultra-rationaliste en ligne. Le plaidoyer pour renouer avec un peu d’« enchantement » a de quoi séduire. Mais, là où la critique des cadres parfois étriqués de la vérité scientifique et la réhabilitation d’une part de mystère devaient conduire à une incertitude curieuse, le mouvement « postrat » vire souvent au dogmatisme magique, volontiers sectaire.