Politique
Pour une assemblée des enfants ?
28e edition du Parlement des enfants, à l’Assemblée nationale (Paris), le 3 juin 2025. © Haslin/Lecourrier Picard/Maxppp
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Crise du périscolaire, affaire Lyhanna… : notre société semble être incapable d’écouter les enfants. Et si la solution était de créer une « assemblée nationale des enfants », comme le propose Marine Tondelier ? Octave Larmagnac-Matheron retrace l’histoire de cette idée.
Créer une « assemblée nationale des enfants » : C’est l’idée défendue il y a peu par Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate putative à la présidentielle, lors d’une réunion organisée au siège de son parti devant une vingtaine d’enfants. « Ça permettrait de faire entendre votre voix. Il faudrait que ça représente tous les enfants du pays. »
L’idée de créer des assemblées des enfants n’est pas entièrement nouvelle : elle s’est notamment affirmée au cours du siècle dernier, et différentes structures expérimentales ont été développées pour la mettre en oeuvre, avec des buts variés.
Les projets d’autogouvernement scolaire
- Au début du XXe siècle, le pédagogue et pédiatre polonais Janusz Korczak organise une « république des enfants », dotée d’un parlement – où siège un seul adulte en qualité de représentant de l’institution –, d’un tribunal et d’un journal dans les deux orphelinats novateurs qu’il pilote. L’objectif est de promouvoir l’autonomie des mineurs dans l’organisation et la gestion de l’établissement, tout en favorisant la cohésion, la collaboration et l’échange, ainsi que l’intégration de la démocratie. Les enfants sont notamment invités à réfléchir aux activités éducatives qu’ils souhaitent mettre en place. Une constitution est écrite ; la petite « société » se dote de lois. Le directeur est responsable devant les enfants de leur application. Dans son épopée Le Roi Mathias Ier (1922), Korczak transpose l’idée dans un horizon plus politique : il y imagine un parlement national des enfants.
- À la même période, le pédagogue Alexander Sutherland Neill, influencé par les idées de l’éducateur américain Homer Lane, le fondateur du Little Commonwealth, développe un projet comparable au sein de sa Summerhill School fondée en 1921 en Grande-Bretagne. L’école doit fonctionner sur des principes démocratiques, favoriser l’égalité et la liberté. Chaque samedi soir est organisée une assemblée générale présidée par un élève élu : les enfants présentent leurs problèmes, débattent et élaborent des lois pour l’organisation de la communauté pédagogique. Les adultes n’exercent pas de pouvoir au sein de cette assemblée.