La petite question

Pourquoi on danse ? Le point de vue des neurosciences

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Pourquoi on danse ? Le point de vue des neurosciences

© Ardian Lumi/Unsplash

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Mais pourquoi diable l’être humain se met-il à danser sur de la musique ? Une nouvelle explication vient d’être proposée par les neurosciences.


 

Pourquoi les êtres humains dansent-ils ? Pourquoi n’existe-t-il aucune société humaine connue sans danse ? L’une des réponses possibles à cette question vient de la théorie de l’évolution. En effet, dans L’Origine des espèces (1859), Charles Darwin établit un lien entre la danse et la sélection sexuelle. Dans de nombreuses espèces, les mâles sont en surnombre sur les femelles. Comment départager entre eux les mâles concurrents pour l’accès à la reproduction ? Cela peut se faire sur un mode combatif, comme dans les combats de crocodiles, mais aussi sur un mode plus pacifique, comme le montrent les parades nuptiales des oiseaux. Danser, dans cette perspective évolutionniste, cela reviendrait à se faire valoir et admirer comme partenaire sexuel potentiel.

Mais une autre explication, venue cette fois des neurosciences, vient d’être proposée. En effet, dans un un article extrêmement stimulant paru récemment dans la revue Science Advances, un groupe de chercheurs coordonnés par Arnaud Zalta, de l’INSERM, a envisagé le problème de manière différente. Comment se fait-il que certaines musiques nous donnent spontanément envie de danser, et d’autres moins ? Qu’activent-elles en nous ? Pourquoi le signal auditif se transforme-t-il en impulsion motrice, que se passe-t-il dans notre cerveau ? D’après cette étude, la mélodie qui donne le plus envie de danser a deux propriétés. Primo, elle a un rythme assez simple pour qu’on le suive facilement. Secundo, il y a des irrégularités. On s’attend à entendre une note, et il y a un léger décalage, une syncope, notre attente est déjouée. Si bien qu’on a envie de battre la mesure avec les bras ou les jambes, pour combler l’irrégularité. Techniquement, cette étude porte sur trois groupes de participants (de 14, 29 et 66 personnes), et elle a été menée par magnéto-encéphalographie. Elle établit qu’il y a une corrélation entre le taux de syncope d’une mélodie et l’envie de « groover » qu’elle procure (les participants étaient invités à noter cette dernière). La magnéto-encéphalographie permet d’observer le parcours de l’activation : le signal auditif passe de l’oreille au cortex auditif, puis active les régions sensorimotrices, et un signal descendant est envoyé vers les régions auditives. Il y a une boucle, en fait. Cette approche a ceci d’original qu’elle permet de comprendre que, lorsque nous dansons, nous n’obéissons peut-être pas uniquement à des habitudes culturelles, mais aussi à des activations parfaitement involontaires. Tout se passe comme certaines mélodies nous faisaient bouger de façon quasi irrépressible.

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