Pourquoi personne ne sourit dans les transports en commun ?
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 132 de Philosophie magazine « Que faire de nos émotions ? », en kiosque le 22 août 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Parfois comparés à des bétaillères, métro, bus ou tramways ont mauvaise presse. Et ni l’argument écologique ni celui du prix ne parviennent à dérider leurs usagers. Pourquoi une telle morosité ? Les philosophes prennent leur ticket pour vous répondre.
Parce qu’on y perd son temps
Sénèque (Ier siècle)
La Rome antique connaissait déjà les embouteillages et l’impatience de l’attente derrière un char bloqué par un livreur d’amphores. « Repasse tous les jours de ta vie ; tu en verras fort peu qui soient restés à ta disposition », dit le stoïcien Sénèque dans De la brièveté de la vie. Les trajets quotidiens aux heures de pointe nous volent un temps précieux. Impossible de s’y livrer à la méditation : le bruit, la promiscuité, le souci du travail à venir rendent pénibles ces heures passées assis ou debout, en compagnie de voyageurs inconnus logés à la même enseigne que nous. « Cet affairement à vide » invite bien peu à sourire.