Entretien

Pourquoi sommes-nous fascinés par le futur (très) lointain de la Terre ? Entretien avec Étienne Klein

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Pourquoi sommes-nous fascinés par le futur (très) lointain de la Terre ? Entretien avec Étienne Klein

Image composite du sud de l’Afrique et des océans environnants, le 9 avril 2015. © Nasa

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Contempler notre planète dans 250 millions d’années, comme nous y invite cet article de la revue Nature, suscite chez beaucoup d’entre nous une fascination certaine. Pour Étienne Klein, voyageur des deux mondes de la philosophie et de la physique, la contemplation du lointain dévoile le visage d’un monde aussi précis qu’indifférent à l’histoire humaine.


 

Pourquoi sommes-nous plus fascinés par la Terre dans 250 millions d’années que par le monde dans un siècle ?

Étienne Klein : Parce que le futur proche est paradoxalement plus incertain que le futur lointain. Voyez les prédictions des scientifiques pour le XXIe siècle à propos du climat, de la biodiversité, de la pollution des sols, de l’air et des océans : elles s’élaborent sous forme de divers scénarios, tous inquiétants. Si notre avenir pour les prochaines décennies demeure ainsi en partie indéterminé, c’est parce que ce qui va se passer va dépendre pour partie de ce que nous allons faire et que nous ignorons. Cette incertitude nous conduit à adopter tout un éventail d’attitudes, que j’observe chez mes étudiants ingénieurs. Certains sont dans le repli, tétanisés par le spectre de la catastrophe à force d’entendre de sombres prédictions. D’autres rejoignent des associations et militent pour qu’on inverse la tendance, ou bien s’engagent dans des entreprises high tech parce qu’ils croient que la solution passe par l’innovation à tout crin.

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“L’avenir très lointain fascine car nous ne faisons plus partie de l’équation”