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Qu’est-ce que la “schizophrénie numérique” ?

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Qu’est-ce que la “schizophrénie numérique” ?

© Rudzhan Nagiev/iStockphoto

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À l’heure du tout-numérique, nous sommes beaucoup à avoir déjà eu l’impression que notre esprit était comme en train « d’éclater », bringuebalé au gré des notifications et suggestions algorithmiques. Une réalité qu’Anne Alombert, enseignante-chercheuse en philosophie, a choisi de désigner dans son nouvel ouvrage par la métaphore de la « schizophrénie numérique ». Allons y voir de plus près.


 

Au royaume des « télétechnologies », nous sommes partout et nulle part à la fois : les visioconférences nous emmènent sur notre lieu de travail alors que nous demeurons chez nous, les réseaux sociaux nous mettent en relation avec des individus du monde entier, et a priori bientôt, le « métavers » promet de radicaliser encore cette tendance. Nos smartphones sont devenus des sortes de prothèses qui nous donnent à appréhender quantité de contenus numériques s’imposant à nous via un ensemble de sollicitations plus ou moins invasives.

Autant d’éléments qui ont, c’est documenté, un effet délétère sur notre capacité d’attention, de concentration et de mémorisation. « En dépit des possibilités d’omniscience et d’ubiquité qu’elles pourraient concrétiser, écrit Anne Alombert, les technologies d’information et de communication semblent mettre en péril la “liberté de l’esprit”. » Empruntant ce dernier concept à Paul Valéry, l’autrice cherche à montrer que nos intelligences sont perturbées, saturées, confrontées à de nouvelles pathologies qui empêchent nos esprits de vivre à leur propre rythme.

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