Cinéma

Rencontre avec Denis Dercourt

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Cet article est issu du numéro 3 de Philosophie magazine « 3 - août/sept. 2006 », en kiosque le 27 juillet 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Sélectionné à Cannes dans la section « Un certain regard », La Tourneuse de pages, cinquième film de Denis Dercourt, met en scène une vengeance. Une négligence d’Ariane Fouchécourt, membre du jury, fait échouer Mélanie, jeune pianiste, à son concours d’entrée au conservatoire. Dix ans plus tard, Mélanie s’introduit dans l’intimité de la musicienne et devient sa tourneuse de pages… Catherine Frot et Déborah François, la mère de L’Enfant des frères Dardenne, en sont les interprètes. Leur ressemblance physique et la subtilité de leur présence commune participent à créer les lignes de tension qui traversent ce film, tout en suspens.

 

Comédiens : vase plein et vase vide

Les seuls mots que je dis aux acteurs, c’est « moins, moins ! », « ralentissez, ralentissez ! ». Je travaille avec eux ce procédé de réduction à l’essentiel. Les Japonais aiment à utiliser une image, celle du vase, qui me semble très judicieuse pour l’acteur : si le vase n’était pas vide, on ne pourrait pas mettre d’eau dedans. Je répète au comédien que plus il fait le vide, plus le spectateur pourra « entrer » en lui. Ma direction d’acteurs n’est pas psychologique mais physique, je travaille à l’oreille et à l’œil, via des gestes. Mon rêve, ç’aurait été de faire du cinéma muet.

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