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“RuPaul’s Drag Race” : trouble dans le genre ?

Temps de lecture : 4 min

Capture d’écran de l’émission “Drag Race France” diffusé sur France.tv Slash

Capture d’écran de l’émission “Drag Race France” diffusé sur France.tv Slash.

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La plus célèbre compétition de drag queens – une forme exubérante, théâtrale, de travestissement – fait, depuis plusieurs années, un carton aux États-Unis, où elle en est à sa quatorzième saison. Passée sur Netflix, elle se décline depuis quelque temps en franchises nationales et débarque désormais en France. Le second épisode de RuPaul’s Drag Race version française est diffusé ce soir sur France 2. Le « trouble dans le genre » à portée du grand public, pour reprendre l’expression de la philosophe du genre Judith Butler, qui comprenait la performance drag comme une déstabilisation du genre.

 

Intérieur et extérieur

Le travail de Butler sur la performance drag s’inscrit explicitement dans le sillage de l’anthropologue américaine Esther Newton, qu’elle cite comme point de départ : « [Le drag] est une double inversion qui dit “les apparences sont trompeuses”. Le drag dit […] “Mon apparence ‘extérieure’ est féminine, mais mon essence ‘intérieure’ […] est masculine”. Au même moment, il symbolise l’inversion contraire ; “Mon apparence ‘extérieure’ […] est masculine, mais mon essence ‘intérieure’ est féminine. » C’est celle-ci qui est exhibée dans la performance drag, différente de l’apparence ordinaire du sujet. La performance est-elle une exacerbation, ou un écart par rapport à cette « essence intérieure » ? Les drag queens laissent planer une certaine ambiguïté et, ce faisant, « déstabilisent les significations de genre dans le discours du vrai et du faux », note Butler. Elles introduisent, ce faisant, un trouble.

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