Saint Augustin. Les Confessions
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C’est « avec les mots de l’âme et le cri de la pensée » que saint Augustin s’adresse à Dieu dans les Confessions. Car le terme de « confession » est ici à prendre dans son sens religieux : cette œuvre rédigée entre 397 et 400 est celle d’un homme d’âge mur, converti au christianisme, qui entend confesser ses péchés à Dieu. Rongé par la perte de sa mère quelques années plus tôt, l’évêque d’Hippone se retourne alors sur son passé pour dépeindre l’enfant puis le jeune homme « esclave de la volupté » qu’il a été. « J’aimais à aimer, je cherchais un objet à mon amour », reconnaît-il en se remémorant sa tumultueuse vie d’étudiant. Pascal, qui redécouvre à l’âge classique ce grand récit de conversion, s’émerveillera de ce que c’est « l’ordre du cœur », et non « l’ordre des raisons », qui y est suivi. Car le philosophe, qui ne nous cache rien de ses émois ni de ses tourments, invente avec cette œuvre un genre littéraire nouveau : l’autobiographie, un récit de soi à la première personne qui décrit la construction d’une personnalité. Plus de treize siècles plus tard, Jean-Jacques Rousseau donnera à son tour au récit subjectif de son existence le titre de Confessions. Dans celles de saint Augustin, certaines pages sont restées parmi les plus célèbres de la littérature : le vol de poires, commis par le pur plaisir de transgresser l’interdit, ou la fascination pour les spectacles de gladiateurs qui lui font pourtant horreur. Cette émouvante exploration de la conscience intime retrace en même temps la genèse d’une pensée singulière, qui opère la fusion entre pensée biblique et sagesse gréco-romaine. Alors que l’autobiographie à proprement parler, de la naissance d’Augustin à la mort de sa mère, couvre les livres I à IX des Confessions, les livres X à XIII abritent une magistrale méditation philosophique sur la création, la mémoire et le temps.