Hors-série « Machiavel »

Séries : Maison-Blanche et machiavélisme

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Cet article est issu du Hors-série n°52 de Philosophie magazine « Machiavel », en kiosque le 24 février 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Mon premier est une série machiavélienne écrite au crépuscule de la présidence Clinton, diffusée durant celle de Georges W. Bush et anticipant l’élection d’un démocrate issu de la minorité latino. Mon second est une série machiavélique écrite et diffusée sous la présidence Obama ; elle annonce le retour d’un cynisme qui reste cependant cantonné au parti. À l’optimiste The West Wing succède la cynique House of Cards. Puis Trump fera bien pire.

 

Sept ans se sont écoulés entre la fin de The West Wing (À la Maison-Blanche, dans sa version française, 1999-2006) et le début de House of Cards (2013-2018), et c’est comme si l’on était passé d’un monde à l’autre. Diffusé sur NBC, The West Wing était la promesse du pouvoir en mieux. Quelques années plus tard, les espoirs semblent avoir été douchés, et montrer la politique comme une utopie pas encore réalisée n’est plus vendeur. Aurait-on, en tant que spectateurs, troqué nos illusions ? The West Wing voulait d’abord éduquer les citoyens américains en leur montrant sous un jour réaliste les coulisses du pouvoir présidentiel, notamment en faisant collaborer d’anciens proches de Bill Clinton à l’écriture du scénario. Les conseillers y apparaissent faillibles mais toujours au service de la raison d’État. Avec pour objectif d’embarquer le spectateur (plutôt démocrate) dans le rêve d’une politique plus vertueuse que celle des années Bush (père et fils). Le temps semble avoir produit l’effet inverse, avec l’arrivée de House of Cards (adaptée d’un roman du Britannique Michael Dobbs) et de son cynisme érigé en principe.

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