Cinéma
“Serre-moi fort” : à perte de vie
Serre-moi fort. © Charles Paulicevich/Gaumont presse
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Cet article est issu du numéro 152 de Philosophie magazine « Sommes-nous si fragiles ? », en kiosque le 26 août 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans Serre-moi fort, son nouveau film en tant que réalisateur, Mathieu Amalric plonge avec brio dans les affres de l'abandon.
Quitter ou être quitté : l’alternative ne concerne pas seulement le domaine amoureux ! Il arrive que l’on se sente abandonné ou trahi par les gens qui partent, famille, proches ou amis. Mathieu Amalric fait du paradoxal sentiment de la perte, du regret de l’être aimé et de la colère contre sa disparition, le sujet de son nouveau film, adapté d’une pièce poétique de la dramaturge Claudine Galéa. Bénéficiant d’une distribution prestigieuse, composée de Vicky Krieps (Camille) et d’Arieh Worthalter (Marc) dans le rôle d’un couple, le cinéaste projette sur l’écran le flottement dans lequel est pris quiconque a perdu un proche, qu’il soit parti ou décédé. Camille semble ainsi avoir laissé derrière elle, un matin, son mari Marc et ses deux enfants pour prendre la route et fuir. Ou aurait-elle aimé pouvoir le faire, et partir avant d’être elle-même abandonnée ? Par un montage fragmentaire, dont le fil rouge est une musique omniprésente, Mathieu Amalric nous plonge dans l’esprit confus de qui s’absente « à sa propre histoire, à son trauma » et se réfugie dans un imaginaire fiévreux pour parer à la brutalité du réel. « J’invente. J’imagine que je suis partie », dit l’un des personnages.