Biologie

Sommes-nous tous des chimères ?

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Vue d’artiste d’un brin d’ADN

Vue d’artiste d’un brin d’ADN. © Byakkaya/iStockphoto

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Une équipe germano-suisse a récemment montré que les mâles d’une espèce de fourmis possédaient deux patrimoines génétiques distincts. Dans le même temps, des chercheurs britanniques ont réussi à faire naître des enfants dont le patrimoine génétique est issu de trois parents. Vivons-nous à l’âge des chimères ?


 

Trois parents pour un enfant : c’est de cette manière provocante qu’a été présentée une avancée inédite dans les techniques de fécondation in vitro réalisée par une équipe britannique. La réalité est un peu moins spectaculaire. Le mitochondrial donation treatment – technique encore balbutiante, interdite dans de nombreux pays – a été utilisé dans ce cas précis pour répondre à un problème : les mitochondries de la mère présentaient une mutation génétique potentiellement dangereuse pour le futur enfant. Ces structures cellulaires sont, selon la théorie la plus généralement acceptée, d’anciennes bactéries durablement intégrées aux cellules, auxquelles elles fournissent de l’énergie. Ces organites, étant donné leur origine, possèdent un matériau génétique différent de celui contenu dans le noyau cellulaire – une trentaine de gènes. Pour résoudre le problème, l’équipe scientifique a simplement utilisé l’ovule d’une donneuse tierce, doté de mitochondries saines, dans lequel a été intégré le noyau de l’ovule de la mère fécondé par un spermatozoïde du père. La trace génétique du « troisième parent » est donc entièrement circonscrite au niveau des mitochondries.

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