Dialogue
Tesson et Messner : “L’alpinisme, c’est opposer à l’absurdité de l’existence l’absurdité d’un geste”
© Manuel Braun
La rencontre de deux amoureux de la montagne a quelque chose de vertigineux. Réunis sur les hauteurs de Grenoble, le grand alpiniste italien Reinhold Messner et l’écrivain voyageur Sylvain Tesson s’interrogent sur ce qui peut bien conduire l’homme à se hisser en haut des sommets. Le premier, promoteur d’un nouveau style d’alpinisme dit de sobriété, paraît avoir été guidé pendant toute sa carrière par une quête d’épure, où l’ascension apparait à la fois comme un geste esthétique et éthique. L’homme fait alors face, seul (ou presque), à la montagne, se libérant d’un certain esprit de conquête qui marque une première génération d’alpinistes, au profit d’un approfondissement du sens de la condition humaine, entre vulnérabilité et détermination. Une conception introspective complétée et vivifiée par la fougue de Sylvain Tesson, qui y voit une affirmation émancipatrice : grimper les sommets, c’est faire prévaloir la liberté sur la sécurité. Une leçon, au grand air, pour le présent.