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Tiens, voilà du Bouddha… romain !
Une statuette représentant Bouddha, façonné au IIe siècle, a été exhumé dans le port égyptien de Bérénice. © AFP
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Cet article est issu du numéro 170 de Philosophie magazine « Il faut qu’on parle ! Le langage résout-il les conflits ? », en kiosque le 01 juin 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est un drôle d’objet qu’une équipe d’archéologues dirigée par Steven Sidebotham, professeur d’histoire à l’Université du Delaware, a exhumé dans le port égyptien de Bérénice : une statuette représentant Bouddha. Façonné au IIe siècle, l’objet date d’une époque où l’Empire romain dominait l’Égypte et où les échanges économiques avec le monde indien étaient florissants, favorisés par l’émergence des routes de la soie. Mais il n’a pas été importé par des commerçants de passage, selon les archéologues. Une inscription en sanskrit a en effet été retrouvée sur place, qui indique la présence d’« une communauté de marchands indiens sédentaires ». La statuette a sans doute été fabriquée par cette diaspora. Elle est le signe d’un processus précoce de mise en circulation des biens, mais également des personnes et des cultures entre des régions très éloignées. Une première mondialisation ? Si le terme peut sembler anachronique, les auteurs grecs et latins ont en tout cas conscience qu’une transformation s’opère à cette époque. Dans son Éloge de Rome, le rhéteur Aelius Aristide (117-181) dit de Rome qu’elle est « un marché commun à toute la Terre », réunissant « tout ce qui est fabriqué dans chaque pays ». Le théoricien et homme d’État grec Polybe (200-120 av. J.-C.) relevait déjà les prémices de cette mondialisation : « Avant, les événements qui se déroulaient dans le monde n’étaient pas liés entre eux. Depuis, ils sont tous dépendants » (Histoires).