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Une société sans conflit est-elle souhaitable ?

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Cet article est issu du numéro 129 de Philosophie magazine « À la recherche de l’esprit européen », en kiosque le 20 avril 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Analyse des termes du sujet

« Une société »

Communauté, société civile, groupe.

« conflit »

Guerre, opposition violente, divergence d’intérêts ou d’opinions.

« souhaitable »

Idéal, objectif ou aspiration réaliste.

 

Défrichage

Premières intuitions

Qui pourrait raisonnablement affirmer ne pas souhaiter la paix ? L’aspiration à une société sans conflit paraît aller de soi. Les guerres mondiales du XXe siècle, dans leur dimension catastrophique pour les individus et les États, semblent avoir fait de la lutte pour la paix un objectif prioritaire. Parce qu’il est violent, le conflit semble donc être d’abord une menace qui risque de détruire toute société.

Pourtant, une dispute, même violente, ne peut-elle pas être préférable au silence ? Le conflit, comme la crise, ne peut-il pas être source de progrès en poussant les parties à se réconcilier ?

Le rejet du conflit et de la violence paraît donc moralement évident, mais est-il pour autant nécessairement souhaitable ? Et atteignable ?

Exemples qui viennent à l’esprit

« Il est vrai que la Syrie a perdu sa jeunesse et son infrastructure, mais elle a en revanche gagné une société plus saine et plus homogène. » Ainsi s’exprimait Bachar el-Assad dans un discours prononcé au mois d’août 2017. Le rêve d’une société sans conflit peut donc aussi constituer un rêve de dictateur.

Dans son livre Un long chemin vers la liberté (1994), Nelson Mandela explique que la non-violence n’est pas un dogme : la violence peut au contraire être nécessaire, si elle s’avère plus efficace.

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