Politique

Va-t-on ficher les “convictions philosophiques” ?

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Va-t-on ficher les “convictions philosophiques” ?

© Gerd Altmann/Pixabay

Soucieux de prévenir les menaces contre la sûreté de l’État, le ministère de l’Intérieur a étendu par décret, le 3 décembre dernier, la possibilité de collecter des fichiers de police et de gendarmerie comprenant les « convictions philosophiques et religieuses » des personnes suspectées. Se défendant de vouloir sanctionner des « délits d’opinion », le gouvernement est cependant accusé par les défenseurs des droits d’élargir discrètement les critères qui lui permettent de réprimer légalement les contrevenants à l’ordre établi. Même la commission nationale informatique et liberté (la Cnil) observe que « la rédaction de certaines catégories de données est particulièrement large ». Que faut-il donc entendre par « convictions philosophiques » ? Est-ce légitimement que ces convictions puissent être considérées comme dangereuses ? Le philosophe Nicolas Tenaillon éclaire cette étrange notion.

Il y a “conviction” et “conviction” !