Passage à l'acte
Viktor Orekhov. Un espion en dissidence
La Vie des autres © Ocean Films
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Cet article est issu du numéro 50 de Philosophie magazine « 50 - juin 2011 », en kiosque le 25 mai 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Viktor Orekhov, ex-agent du KGB, a aidé les « ennemis du peuple » qu’il était censé surveiller il y a plus de trente ans. Pour échapper à d’éventuelles représailles, il continue de vivre caché aux États-Unis.
Dates clés
- 1944 Naissance en Ukraine
- 1973 Affectation au 5e département du KGB
- 1978 Arrestation. Il est envoyé au camp de Morki
- 1987 Libération et retour à Moscou
- 1995 Nouvelle arrestation et retour en camp
- 1997 Fuite aux États-Unis
- 2011 Publication de Viktor Orekhov, un dissident au KGB, par Nicolas Jallot (Stock)
Pas évident d’obtenir un entretien avec cet homme. Nous savons juste qu’il réside quelque part aux États-Unis. S’il a accepté de répondre à nos questions, par écrit, c’est grâce à deux intermédiaires successifs. Son adresse électronique nous restera inconnue. Précautions de roman d’espionnage ? Sans doute, mais il s’agit d’un roman vrai. Viktor Orekhov craint pour sa vie : « Se sentir en absolue sécurité aux États-Unis ou dans n’importe quel pays est un luxe réservé à ceux qui ne connaissent pas de l’intérieur le KGB, l’URSS et le FSB [les actuels services secrets russes]. » Lui sait d’expérience que les « tchékistes » ne pardonnent pas aux traîtres. Même à ceux qui ont « fauté » il y a plus de trente ans ? Même une décennie après la chute de l’Union soviétique ? Selon cet exilé, contraint de déménager régulièrement et condamné à travailler comme livreur de pizzas, l’agence de renseignements russe n’accorde aucune prescription à ses ennemis.