Panorama

Visions du moi, visions du monde

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Cet article est issu du numéro 19 de Philosophie magazine « 19 - mai 2008 », en kiosque le 24 avril 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Du dévoilement de soi devant Dieu à l’ego démesuré de l’individu démocratique, les penseurs s’interrogent sur l’articulation de l’intime et du commun.

Dieu au fond de l’intime

Saint Augustin (354-430)

Méprisés dans la Grèce antique, intime et privé émergent lentement. Certes, Platon met en scène Socrate évoquant sa vie privée, mais il s’agit d’une reconstitution. Aristote écrit son testament sans rien évoquer d’intime. Cicéron fait publier sa correspondance. Il faut attendre Augustin, qui assiste à la chute de l’Empire romain, pour lire la première autobiographie de notre histoire, Les Confessions. Le christianisme invite à l’exploration de la conscience. Augustin raconte ses errances, sa conversion, s’enfonce dans les profondeurs du moi, de ses volontés contraires, de sa temporalité mystérieuse. Dans La Cité de Dieu, il s’interroge sur les rapports entre politique et religion. L’opposition antique entre public et privé se complique avec l’irruption de l’intime et de la cité divine.

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