Volonté de puissance
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Cet article est issu du numéro 76 de Philosophie magazine « Peut-on être honnête et réussir ? », en kiosque le 23 janvier 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Sils-Maria, 26 août 1888
De Turin, revenons en arrière à Sils-Maria, petit village des Alpes suisses où ont séjourné non seulement Nietzsche mais aussi Marcel Proust, Hermann Hesse, Thomas Mann, Rainer Maria Rilke et Karl Kraus. Le philosophe Theodor W. Adorno s’y est rendu chaque année avec sa femme entre 1955 et 1966, ils logeaient au Grand Hôtel Waldhaus ; une fois, le poète Paul Celan est venu lui rendre visite, et c’est à Sils-Maria qu’il a écrit Conversation à la montagne, texte en prose sur l’identité juive. Mais Nietzsche louait une chambre très éloignée du luxe du Waldhaus, dans laquelle, le 26 août 1888, il a mis au point ce que, en général, on considère comme le dernier plan de La Volonté de puissance. Nietzsche n’a jamais réussi à achever ce livre, dont les fragments posthumes ont été réorganisés et publiés de différentes façons par sa sœur Elisabeth et par son ex-élève et copiste Peter Gast, en 1901 puis dans une nouvelle et plus ample édition en 1906.