Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
« La démocratie, c’est d’abord une méthode : celle de l’expérience. » Joëlle Zask le démontre dans cet essai enlevé, critiquant l’incompatibilité présumée entre les impératifs écologiques, parfois dits punitifs, et la pratique effective des gouvernements, jugée réaliste. Cette vision est trompeuse, car écologie et démocratie ont fondamentalement partie liée. Elle nous en convainc en mobilisant un concept phare : l’« expérience », qu’elle emprunte à John Dewey, figure de proue du courant pragmatiste. Selon lui, « l’expérience n’est ni un subir ni un faire, mais une connexion entre une activité et quelque chose qui nous affecte ». La démocratie n’est ainsi pas une idée abstraite qu’il s’agirait d’appliquer, ni une histoire qu’il s’agit de perpétuer ; elle est une invention continue et un certain mode de vie… qui ne saurait se passer d’un certain milieu. Tout est donc affaire de « transaction ». Pour Joëlle Zask, « la conscience écologique dérive de l’engagement concret des individus dans des expériences à leur portée qui les initient à des relations dialogiques avec des choses et des êtres dont ils conviennent qu’ils ne dépendent pas d’eux-mêmes. Autrement dit, cette conscience repose sur les pratiques d’autogouvernement, dont la démocratie comme mode de vie et comme système de gouvernement est la meilleure garante ». Bref, l’écologie requiert la démocratie et inversement. Car avoir conscience d’être le « gardien » de son environnement plutôt que son propriétaire conduit à « organiser une activité qui vous implique » et vous expose à ses conséquences – ce qu’elle appelle l’« autogouvernement ». Joëlle Zask préfère ainsi le chercheur qui connaît empiriquement son terrain à l’expert hors sol, la cité acclimatée à la ville inerte, le hacker qui bidouille au pirate qui s’accapare. Tordant le cou au dualisme, elle met enfin en garde contre « la liberté comme autonomie », qui nous arrache au milieu en lui imposant nos lois, sans contraintes ni conditions, et prône plutôt la « liberté comme indépendance », conservant l’idéal fort d’une association politique libre et volontaire… mais consciente de nos complémentarités. Ça, c’est pragmatique !
Lors du confinement, les animaux ont fait leur retour en ville. La cohabitation avec eux est-elle possible ? Réponse avec le dernier livre de…
Coexister avec les animaux, c’est bien beau en théorie – et l’on peut remplir des pages émerveillées sur l’ontologie de la vie sauvage, sur l’être-au…
S’intéressant à des sujets concrets, tant esthétiques et architecturaux qu’écologiques et politiques, la philosophe, figure de proue du courant…
Aux États-Unis, en Grèce, en Australie, en Sibérie et même dans le Var… Partout dans le monde, les « mégafeux » se multiplient. Ces…
Une extrême droite à près de 40% et des écologistes qui peinent à se hisser au-delà des 5%. Les élections européennes du 9 juin marquent un tournant dans l…
Bien plus que l’agriculture industrielle, tournée vers le profit, c’est le paysan qui sait faire pousser fruits et légumes, en humble partenariat…
Alors que les « Rencontres internationales de la classe dehors » s’ouvrent à Marseille, jusqu’au 17 mai, la philosophe Joëlle Zask, qui en assume la…
Bien plus que l’agriculture industrielle, tournée vers le profit, c’est le paysan qui sait faire pousser fruits et légumes, en humble partenariat avec la…