Les livres qui rendent libres

Une recension de Philippe Nassif, publié le

On découvre le sous-titre de ces entretiens avec un genre de grimace laïque : « Les avenues de la foi ». C’est que Charles Taylor n’est pas seulement l’un des principaux philosophes nord-américains (côté Canada), auteur de deux précieuses enquêtes fleuves sur les nouveaux visages de l’identité (Les Sources du moi, Seuil, 1998) et de la croyance (L’Âge séculier, Seuil, 2011). Il est également, apprend-on, un fervent catholique. Mais si ces conversations s’avèrent finalement adroites et stimulantes, c’est grâce à l’originalité de leur angle d’attaque : soit des méditations sur les grands auteurs qui ont permis à Taylor de libérer sa foi des archaïsmes de l’institution religieuse. Il y a Merleau-Ponty, dont la compréhension de notre corps vivant permet de reformuler les paramètres de l’expérience spirituelle, les élévations romantiques de Hölderlin, la déréliction spleenétique de Baudelaire et, enfin, les utopistes meurtriers mis en scène par Dostoïevski. Manière pour Taylor de ramasser ses thèmes de prédilection. Et, pour nous, de relire d’un œil neuf quatre sommets de pensée de notre modernité.

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