Social
1er mai : faire sa fête au travail ?
Fête du travail du 1er mai en 1891. Jour de repos et de rassemblement des travailleurs dans un parc ensoleillé. Peinture de Yefim Mikhailovich Tcheptsov, huile sur toile, 1935. State Russian Museum, Saint-Pétersbourg. © FineArtImages/Leemage
Il y a cent trente et un ans, le mouvement ouvrier et socialiste décidait de faire du 1er mai 1890 une journée mondiale de revendication. Très vite, les manifestations sont devenues fêtes. Mais que fête-t-on au juste ? On parle de « fête du travail », mais on ne célèbre pas tant le travail que sa réduction. Le 1er mai, c’est la fête des travailleurs qui ralentissent enfin. Une nuance qui signale le rapport complexe qu’entretient la gauche au travail. Pour Karl Marx, le travail capitaliste est aliénant, mais il reste une catégorie fondamentale de la vie, le processus par lequel l’homme transforme la nature et se modifie lui-même. En revanche pour son gendre, Paul Lafargue, tout travail au-delà du strict nécessaire est une folie, et il faut imaginer un Droit à la paresse.
Le 1er mai, replongeons-nous avec Marx, Lafargue mais aussi Charles Fourier et Pierre-Joseph Proudhon, dans la question du labeur.