7 conceptions de la guerre
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Cet article est issu du numéro 99 de Philosophie magazine « Nomades contre sédentaires », en kiosque le 28 avril 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les philosophes peuvent-ils endosser l’uniforme du chef de guerre ou sont-ils plus enclins à penser les conditions de la paix perpétuelle ?
Sun Zi (544-496 av. J.-C.)
Ce général chinois dont l’existence reste nimbée de mystère est l’auteur de l’un des plus anciens traités de stratégie, L’Art de la guerre. Plutôt que l’attaque de front, Sun Zi conseille le contournement, loue la ruse, l’espionnage et le mensonge. Il s’agit de triompher avant même d’engager le combat : « Soumettre l’ennemi sans croiser le fer, voilà le fin du fin. » Imprégnés de pensée taoïste, les treize chapitres valent aussi comme manuel de sagesse.
Grotius (1583-1645)
« Si la guerre peut jamais être juste » : tel est le problème que soulève Le Droit de la guerre et de la paix du juriste hollandais Grotius. Dans une Europe divisée en États modernes souverains, la question de sa légitimité est pressante. Seule « l’exécution du droit » face à l’injustice est propre à justifier le déclenchement d’un conflit armé. À l’origine de l’inviolabilité des ambassades, Grotius est considéré comme le fondateur du droit international.