Kant au quotidien

Anatomie d’une BA : dans la tête d’un commerçant (plus ou moins) kantien

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Cet article est issu du Hors-série n°60 de Philosophie magazine « Emmanuel Kant », en kiosque le 08 février 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Vous entrez dans un magasin. Devant vous, un commerçant hèle un client distrait qui s’en allait en oubliant de récupérer sa monnaie sur le comptoir. Alors que vous admirez sa droiture, le vigile de l’enseigne, qui n’est autre qu’Emmanuel Kant, vous demande : « Êtes-vous sûr que son action est morale ? » Éléments de réponse.

 


Une méthode atypique
Pour déterminer si une action est morale, Kant s’intéresse non pas à l’action, mais uniquement à notre volonté. Celle-ci est à la fois législatrice et exécutrice : grâce à elle, nous pouvons formuler des lois pour notre propre action, et agir en fonction de ces lois. Sauf qu’il y a un hic : Notre volonté est également le théâtre d’une lutte sans merci entre la loi morale et nos inclinations subjectives. Parfois, la morale l’emporte… mais pas toujours ! Derrière un comportement, trois hypothèses.


Hypothèse I / C’est une bonne pâte

Ce jour-là, le commerçant était de bonne humeur, ou bien il a laissé sa nature sympathique prendre le dessus. Ici, l’action est motivée par une inclination naturelle, influencée par une éducation, un tempérament, un élan de pitié ou de générosité pour le client.

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